Performance

Souvent en de lents déjeuners...

Noé Pellencin

Dates
Dimanche 24 mai, 13:30
Durée
30 min.

Cette danse est un questionnement sur le réel : un merci d’exister, de pouvoir jouer sur cette planète, et en même temps un moment pour s’attrister, pour reconnaître l’absurdité de ce monde, ses violences, ses inégalités. Une pièce qui se situe entre la gratitude pour le vivant et la mélancolie face à ce qui blesse.

À travers une recherche poétique et synesthésique, plusieurs sens s’y combinent, se contaminent, se répondent. La couleur circule dans la musique. Les variations de tonus épousent l’expression d’un masque et d’un bâton. Un groove lance un geste, un geste lance un mot, un mot lance un souvenir, celui-ci appelle le corps par de nouvelles sensations… Cette imagerie se fait principe de construction de la pièce : une capillarisation de l’énergie, qui va de la matière brute vers quelque chose de plus expressif, de plus signifiant, jusqu’à s’incarner dans un langage. Du geste vers le mot. De la matière vers la présence.

Et ce langage, lui aussi, se construit progressivement. Un son devient syllabe, une syllabe devient geste, un geste devient phrase… et tout repart, dévie, percute, comme une bille dans un flipper. Car le solo a cette violence-là aussi : celle des rebonds imprévisibles, des chocs qui déclenchent des effets en chaîne, de l’énergie qui ne se fixe jamais tout à fait. L’écriture part d’un jeu absurde, des sons qui glissent, se retournent, changent de sens à chaque détour… Pour basculer vers un poème qui, lui, rend compte d’une réalité difficile : celle de l’enfance violentée, de l’innocence confisquée, de ce qui dans le monde est inacceptable et pourtant réel.

La difficulté même de prononcer ce second poème ; éparpillé entre le corps et la voix, entre les espaces et les silences ; dit quelque chose de la difficulté de voir le réel de la violence. L’assemblage corps-voix se fait tentative, non pas pour résoudre, mais pour partager des bribes : des séquences où les différentes apparitions, dans leur résonance, semblent se répondre.

Noé Pellencin

Noé Pellencin a suivi une formation en danse classique et contemporaine au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, puis à la P.A.R.T.S. à Bruxelles. En tant qu'interprète, il a collaboré avec des chorégraphes tels que Boris Charmatz, Maud Le Pladec et Fabrice Lambert, et se produit à l'international depuis 2016. Parallèlement à sa carrière d'interprète, il a cofondé en 2024 l'association MOSAE, à travers laquelle il crée des projets à la croisée de l'art, de la pédagogie et de l'engagement social.

Son approche artistique est enrichie par sa pratique de l'aïkido (2e dan), qui nourrit sa compréhension du flux, de l'adaptabilité et de la dynamique relationnelle dans le mouvement. Il approfondit également sa relation au rythme et à la musicalité grâce à la méthode O Passo, qui fonde son travail chorégraphique sur l'écoute incarnée et la création collective de rythmes. Ses recherches mettent l'accent sur l'improvisation et la dimension collective du mouvement, où le corps est moins un lieu de virtuosité qu'un moyen d'échange, de dialogue et d'imagination partagée.

Credits

Chorégraphie et interprétation
Noé Pellencin